Ma phase Dark Sheep

Inévitable. Mais vraiment, j’insiste, ce n’est pas de ma faute. C’est arrivé. Ça m’est tombé dessus sans crier gare. Ok, j’ai à peine résisté… Mais à ma place, auriez vous eu la force de lutter pour ne pas succomber à cette mollesse insidieuse qui envahit, qui s’infiltre… Mathématiquement, deux enfants, 15 kilos de trop, 4h de sommeil par jour (par jour, pas par nuit, vous lisez bien…), la marge de rébellion disponible reste bien mince. Elle, au moins.

Plaidoyer.

Tout d’abord il fait froid. Enfin, entendons nous… Le froid Toulousain flirte avec les 14 degrés, pas mal pour un mois de février, me direz-vous… Il n’empêche, et ce pour diverses raisons honorables, ne me voyant pas dégainer un mini short lundi dernier, je me lève, allume la bouilloire, met l’eau à chauffer. J’ai les pieds glacés. Ça chouine. Ça veut du chocolat au lait. Et Tchoupi. Ça veut toujours Tchoupi. Pas le temps d’enfiler des chaussettes, je me plie aux exigences de ce si mignon petit troll qui risque de réveiller le second si mignon petit troll à force de me faire part de l’état de délabrement de son estomac, visiblement en phase d’autodigestion avancée. Bref, en mode pilotage automatique, je dégaine ma tablette pendant que ma descendance se vautre dans le canapé (honte à moi, je le concède, à 7h du mat’… Tchoupi est mon ami aussi). Mon thé infuse doucement, je m’abrutis avec béatitude devant un article du Gorafi, quand tout à coup, un vague éclair de génie, je checke les soldes sur un de mes sites à déchéance capitaliste favori. Et là malheur. Elles sont là. Mes adorées, celles sur lesquelles je louche depuis 8 ans. Celles qui font des pieds d’éléphant. J’hésite. Je me retourne, Charles dort, ma fille est hypnotisée, pas de témoins. Pas d’argent, pas le moment, pas raisonnable, hyper futile et superficiel… Ok.

Après tout, je suis une fille superficielle. Je l’admets. Ça me déculpabilise. Juste un peu, juste ce qu’il faut. Je clique. Malheur. Excitation. Tout ça pour des chaussures… C’est dire combien ma vie est fascinante ces derniers temps.

Bref, je sombre encore plus profondément dans les bas-fonds de la classe-attitude de la jeune mère débordée. Ce n’est peut-être pas une excuse, mais je me délecte dans l’illusion que le seul et l’unique ennemi à blâmer est ce manque de sommeil qui me hante depuis maintenant trois années, faisant plafonner mon potentiel intellectuel à un niveau que je qualifierais proche de 0. Donc des pieds, si vous suivez. Il ne me reste désormais plus qu’à vaincre ce petit vampire nocturne, celui qui ne laisse actuellement à ma portée que quelques infimes sources de réconfort : le chocolat et les bottes fourrées. Promis, je redeviendrai une femme. Après.

Alors on se console comme on peut. C’est hygge, à ce qu’il parait. Et comme le hygge, c’est in, je m’en vais reprendre le cours de ma vie, orteils moutonnés, avec ma tasse de thé, un plaid (ou deux, ou trois), le moignon de cerveau qu’il me reste, mes lunettes, mon ordi, afin d’écrire sur autre chose que mes pieds.

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