Les musiques de ma vie

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Si je prends la plume en ce beau jour de juillet, avant que les deux princesses à paillettes qui me servent de filles ne prennent leur quartiers d’été, et qu’il ne me reste comme disponibilité cognitive qu’une maigre fenêtre (certes aux volets bleus) entre 22h et 2h du matin, je m’empresse de répondre au défi d’écriture de Mademoiselle Zazimutine, mi-bretonne-mi-toulousaine de son cru. Et si vous êtes d’humeur inspirée et que cela vous donne envie de vous prêter au jeu, vous trouverez sa mélodieuse invitation ici.

Donc,

Les musiques de ma vie

Soyons humbles, honnêtes, et pondérés.

J’aurais aimé écrire un article qui aurait absolument trop la méga classe (façon Boris, mais sans boule disco), avec des références musicales pointues, intellectuelles et inattendues. Mais bizarrement, les plus beaux souvenirs se sont gravés en moi sur un fond sonore musical digne du top 50 (oui oui, tu te souviens, celui de Canal…).

Et puis, anyway, qui m’en voudra pour ces choix douteux, sinon moi ? Alors banco, dédramatisons, assumons, aujourd’hui on se la joue action ou vérité, et advienne que pourra.

Tu te sens prêt à affronter tes plus belles années (passées), aller viens !

 

Plaine, ma plaine

Je vous avais promis du lourd ? Qu’à cela ne tienne ! On commence avec les Choeurs de l’armée rouge

 

Direction la grande maison, aux portes des gorges du Verdon. Celle de tous les étés, sans voisins de palier (mis à part les sangliers). Celle bordée de chênes et de lavande, d’une balançoire immense, d’une cabane aux araignées. Celle avec une grande table à manger en bois noir, de vieux fauteuils en velours jaune moutarde, et la cheminée. Celle dans laquelle on entend crépiter des vinyles de musique classique, tandis qu’un homme au bras tatoué de quelques chiffres gris-bleutés se plonge profondément dans sa lecture, les jambes croisées. Et juste à côté de lui, cette petite chose de 6-7 ans, aux genoux croûtés, pelotonnée au milieu des coussins, absorbée à dévorer la collection intégrale de la bibliothèque rose, mais surtout les aventures de la Comtesse de Ségur.

 

Partir là-bas

Que celui qui n’a pas le sentiment de connaître cette chanson de la petite sirène par coeur me jette la première étoile de mer.

 

On remonte dans le 93 (et oui, glamour ! Tu ne pensais tout de même pas que les vacances allaient durer indéfiniment ?). Cette fois-ci, les petites filles sont deux, l’une aussi brune et garçon-manqué que l’autre est blonde et passionnée, la nuit qui s’installe, et un petit garçon qui a du mal à fermer les yeux… Alors simplement, cette chanson, à l’unisson, en caressant les boucles sur son front.

Cette chanson, que je chante aujourd’hui le soir à son tour, comme un écho, à une autre petite fille, étonnamment blonde et romanesque,…

 

Wannabe

Avoue-le, toi aussi tu as eu des Pataugas en toile à talons, des tresses dans les cheveux, un ras du coup façon tattoo, comme nos amies les Spice Girls

 

Et cette chorée enregistrée sur K7, crachouillée par un transistor (ce mot existe encore-t-il vraiment ?) aussi gros que ton vélo, qui bouffait à lui seul 6 énormes piles en 4h (Save the Planet). A force de vivre au dehors, des fourmis y avaient élu domicile. Qu’en penseront les archéologues, en le dénichant au fond du jardin des voisins, d’ici l’an 4020 ?

Gangsta’s Paradise

Le collège. Les Air-Max. Coolio. Le jogging Adidas à pressions. Profonde angoisse.

 

Je vous offre en prime la version sous-titrée en allemand (Big Up à tous mes congénères germanistes-première-langue, et ma chère Frau Pruno,  on y survit, semble-t-il).

 

Je viens des quartiers

NAP. New African Poets, pour les intimes. On ne rit pas. J’assume. Bref, je suis née en 1983.

 

Et toujours les deux petites filles, plus si petites d’ailleurs, mais toujours aussi brunes et blondes. Et cette question : « Tu oublieras, toi, que tu viens d’ici ? ». Et mon coeur qui se serre en voyant son regard, comme si elle pressentais déjà mon envie viscérale de partir, mon rêve d’ailleurs…

 

Under the Bridge

Les amours de 3ème. Les Red Hot. What else?

 

Les heures à refaire le monde sur le chemin du collège, à rêver au prince (pas charmant, mais bien réel), à se téléphoner, à imaginer nos vies, à espérer les grandes surprises, celles qui se rapprochent pas à pas et dont l’odeur de liberté commence à nous effleurer.

 

I think I’m paranoid

Lycée. Garbage. Les grandes découvertes. Les yeux qui s’ouvrent, les premières ivresses, les premières déceptions, les premières convictions.

 

Exit Music (for a film)

La Fac. Radiohead. Et là, ça devient sérieux.

 

Coeur de chewing gum

Ca se passe de commentaires, non ? Aller Brigitte, on se détend…

 

Les étoiles filantes

Un saut dans le temps. Car au final, quand on est étudiant, tout file, tout est embrumé d’expériences et de virages à 180°. Pour en arriver à ce choix professionnel enfin assumé : enseigner. Et partir, encore une fois, de l’autre côté de l’Atlantique, pour voir si d’aventure il reste encore un peu d’espace pour tout recommencer.

 

Les cowboys fringants, Québec, Montréal, l’exil, le rêve d’une vie. L’échange universitaire, et la plus belle des surprises : être capable d’être seule, loin des siens. Et savoir l’apprécier, prendre le temps de se poser dans un resto en tête à  tête avec soi, sans lire, sans contenance. Juste être là. Et malgré tout nouer de nouvelles amitiés, faire des anges dans la neige à 2 h du matin – ivre morte –  au milieu de la route, en attendant qu’un taxi daigne passer (quand il fait moins 30°C, il vaut mieux s’enterrer, à ce qu’il parait…).

 

Paris

Entre amour passionnel et nostalgie, quelques années de métro, d’errances, de concerts, d’expos, de bistrots… Et devenir adulte, un peu. Mais pas trop. Merci Vincha pour la mélodie, les images et les mots.

 

 

Taro

La claque. Tout quitter, encore. Recommencer, encore. A 30 ans tout pile. Et puis laisser la vie choisir de greffer un coeur palpitant au creux de son ventre. Et commencer à avoir peur. Mais être heureuse, pleinement, et intensément, pour la première fois. Alt-J.

 

Summertime

Sur ce cri, soudain, nous laisser entendre Ta voix, tout aussi éraillée que celle, entière et passionnée, de Janis Joplin. Et m’offrir l’honneur de me regarder dans les yeux. De faire de moi une mère, désormais.

 

 

Alors voilà, rien de bien original dans cette histoire musicale. Il n’empêche que quelques notes, et quelques mots en aparté, disent parfois bien plus sur nous que de long discours.

 

Merci encore à Zazimutine pour ce joli défi, auquel je me suis prêtée avec grand plaisir. J’ai hâte de lire les billets des autres participantes,  alors rendez-vous ici le 16 juillet !

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Sarah

 

 

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28 réflexions au sujet de « Les musiques de ma vie »

    1. Hahaha ça rappelle le dimanche soir (quand on passait des heures à se faire démêler les cheveux, ma soeur et moi, côte à côte dans cette douloureuse épreuve), et Ca Cartoon juste après 😀 !

    1. J’ai adoré l’écrire aussi et faire du tri dans mon juke box des souvenirs… Tu as participé aussi ? Je file regarder ça de plus près si c’est le cas 😉

  1. Aaah ! Pourquoi je ne lis ca que maintenant ? (Et la, dans mon lit avec minus et biquet qui ronflent) impossible de mette le son (pas d’écouteurs ce serait trop facile)
    Compte sur moi pour écouter ça demain mais déjà je devine de belles histoires
    Très joli moment sur – j’imagine ?- ton grand père !
    Top ce défi en tout cas, ca me donne envie ! Reste plus qu’à trouver le temps entre 2 concours ! (Mouah 😂)

    1. Et bien je vois que nous avons passé le même genre de soirée hahaha ! En tous cas, j’espère te motiver, il est vraiment cool ce tag, Picou et Maman Délire ont aussi participé 😉
      A tout à l’heure Madame Concours 😀

  2. Heureuse d’y voir l’un de mes 3 groupes préférés (Les Cowboys Fringants) ! En ce qui me concerne ce serait plutôt ma bande son de fac (la découverte date de l’été précédent ma L1, donc juste après le lycée), une sacrée période de transitions pour moi 🙂

    1. Avec tous les bons souvenirs qui vont avec j’imagine ! Aller, je te fais râler, je suis fan des Cowboys fringants, je les ai vus à Québec (CD signé de leurs mains :-D) et à l’Olympia… Où ils m’ont invitée à monter sur scène pour une chanson !!! Mémorable hihi ! Bises

  3. Je suis un peu plus jeune, de 89 (mais je suis fière d’être des années 80, ce sont les meilleures) donc je ne reconnais pas tout même si beaucoup me parlent.

    Les spice girls pour l’anectode, avec des copines on s’était déguisé en épice girls pour un carnaval au primaire..je te laisse deviner qui j’étais ah ah

    J’ai aussi eu les joggings à pression et les air max au collège, c’était tellement classe (ou pas).

    Garbage et radiohead ce sont juste des classiques 🙂

    bisous

    1. Contente que ce billet t’ai fait te remémorer des souvenirs, bons ou…. moins ! 😉
      La dégaine Air Max jogging à pressions, c’était quand même toute une époque… Je te parie que ça va ressortir dans les boutiques vintage dans pas si longtemps haha !!
      Bises

  4. Bon, j’avais commencé à lire ton billet hier soir quand mon fils s’est mis à vomir partout… Plus de 12h, plus tard je m’y repenche ! Et je pense que nous avons pas mal de références en commun (notre année de naissance aidant !)…

    Merci pour tous ces souvenirs !

    Virginie

  5. La vache, quelle inspiration!! C’est passionnant de découvrir tous ces petits bouts de vie sur fond musical! Je ne sais pas qui est cette zazimutine au pseudo ridicule mais elle a eu une super idée de thème!
    Merci Sarah :))

    1. hahaha écoute je me disais justement que je ne connaissais pas ton prénom, sinon je l’aurais mis 😉
      Merci vraiment, j’ai adoré, et ça a fait remonter beaucoup de souvenirs, j’était toute émue à la fin de l’écriture 🙂

  6. Hello!
    Je suis de 83 également donc toute la partie ringarde de la liste me parle et fait remonter pas mal de souvenirs.
    Gangsta paradise, c’est la BO de mon premier ciné sans les parents!
    Bises.

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