Une brève histoire du temps

Pour reprendre les mots d’un certain S. Hawkins…

 

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Alors non, soyons raisonnables (c’est l’été), nous ne traiterons aujourd’hui ni d’astrophysique ni de mécanique quantique (bien que Big Bang et trous noirs aient d’office droit de cité dans toute (més)aventure familiale), mais, en toute légèreté, nous aborderons (et là, vous vous dites que vous êtes chanceux, car nous allons tout de même un peu nous culturer) la question fondamentale que rencontre (que dis-je, que percute) tout parent épanoui…

J’ai nommé :

La question de la Relativité du Temps

Avec un grand R et un grand T.

Cette question qui nous tombe inévitablement dessus lorsque parait l’enfant (en plus, elle paraphrase Dolto, non vraiment, qu’on se le dise, dès que le thermomètre dépasse les 28°, il n’y a plus rien à en tirer…).

Cette question qui, j’en suis à peu près certaine, vous a déjà titillé le cabochon à l’occasion, s’est imposée à mon esprit vagabond pas plus tard que ce matin, admirant une moitié de ma douce progéniture sauter à cloche-pieds du haut d’un muret, tandis que la seconde moitié, clamant avec véhémence son intérêt plus que modéré pour la charmante promenade en poussette canne que j’avais eu l’audace de lui proposer, se contorsionnait dans le but de parvenir à se défaire des entraves de son harnais 5 points. (On ne lésine pas sur la sécurité. Ou la Paix.)

Bref. Tandis, quoi…

Lorsqu’ un hurlement strident (accompagné d’un regard plus qu’éloquent) jaillit de ce corps pourtant minuscule (mais quelle caisse de résonance incroyable, cette enfant) :

« Mamaaaaaaaaannnnnnnnnn je suis coincée »

Force est de constater que moi aussi, mon amour… Mais passons, passons, mon chaton, ce ne sont pas pour les mêmes raisons…

Cependant, la regardant d’un oeil distrait, cette question se présente insidieusement :

Mais par quel mécanisme obscur en suis-je donc arrivée là ?

Là, c’est à dire : passablement stressée, transpirante et essoufflée après 1h de square (autocongratulation), un gnome hurlant depuis le fin fond de sa poussette qui peine à avancer (droit) sur les graviers, avec un autre gnome qui saute, crie, court, saute encore, court, freine, fait demi tour, repart, veut voir la fontaine, ah non pardon la balançoire, court, saute, ne veut pas, veut, voudrait bien mais ne peut pas, pleure, saute, court, crie, tombe, pleure, court, saute… Etc. L’idée générale, je pense que vous l’aurez saisie.

En plus, ça dit « Maman ». Et ça me regarde. Mais, elle est où, son indigne marâtre, pauvre enfant ? Ca répète « Maman ». Ca me regarde toujours. Prise de conscience soudaine :

Maman, c’est MOI

 

Et pourtant, hier encore, j’avais 29 ans, je sirotais une douce bière belge avec les arsouilles de mon quartier dans un rade de la rue Marcadet, je me posais mille question sur l’univers, la vie, l’actualité, et je me complaisais dans mon petit quotidien de post adolescente Lamarck-Caulaincouréenne névrosée.

Aujourd’hui, j’ai 34 printemps, je suis sereine mais éreintée. Ces cinq années sont passées sans que je n’ai eu le temps de souffler. Et il faut bien avouer que…

Lorsque l’on devient parent, les jours et les nuits semblent s’éterniser

  • Parce qu’il est minuit. 1h. 2h. 3h du matin. Et qu’il ne dort toujours pas.
  • Parce qu’entre les pauses pipis, tétées, vomito et tutti quanto, un Bordeaux-Toulouse en voiture peut réellement durer plus de 7h (par autoroute),
  • Parce que pour une sortie en amoureux (LOLILOL), le tarif horaire de la baby-sitter vous donne souvent envie de rentrer manger le dessert affalés sur le canapé,
  • Parce que le biberon de 4h du mat dure à minima 47 min,
  • Parce que les six premières semaines du dernier né nous donnent l’impression d’avoir reçu le pack retour-vers-le-futur en plein dans le nez,
  • Parce que l’on a l’impression que l’on ne se sortira jamais de la spirale infernale du manque de sommeil…

Mais les années semblent défiler

  • Parce que les pyjamas trop petits prennent plus de place dans les placards que ceux qui sont à leur taille,
  • Parce qu’on s’est à peine remise d’avoir accouché qu’ils commencent déjà à marcher,
  • Parce que la première rentrée à la maternelle n’est déjà plus qu’un vague souvenir,
  • Parce qu’un jour, on sursaute en entendant la chasse d’eau retentir, et une voix de toons proclamer « J’ai fait pipi toute seule et je me suis essuyée »,
  • Parce que la série de photomaton prise en famille à chaque rentrée commence à remplir dangereusement la majeur partie de la porte du frigo,
  • Parce que chaque année scolaire semble durer un peu moins longtemps que la précédente,
  • Parce que cette semaine, en faisant les courses, il n’y a plus de couches à acheter,
  • Parce qu’on se regarde un matin, en réalisant que les moments vécus en famille sont plus nombreux que ceux où nous n’étions que deux.

Jusqu’à ce matin, où l’on se réveille sans le clapotis de petits pieds nus sur le parquet. On se se lève seul, on prend son café seul en regardant par la fenêtre, on prend sa douche sans être interrompu, on se prépare sans chercher 3 minuscules culottes et 2 paires de chaussettes. On pense à nos enfants, devenus adultes, qui joueront peut-être à leur tour ce jeu de passe-passe après le temps.

Alors oui, le temps est plus que relatif

Surtout pendant les premiers mois, les premières années, où l’on croule sous les biberons et les couches mouillées, avec des cernes à rendre jaloux les plus valeureux des pandas.

Mais finalement, est ce que cela change quand les enfants grandissent ? Est ce que cette course folle se ralentit quand ils commencent à aller seuls au ciné, à passer le permis, à étudier…? Au contraire, le temps s’accélère-t-il encore indubitablement ? A vous de me dire…

En fait non, ne me dites pas, ces instants sont précieux, uniques, alors autant garder la surprise.

 

Pour la petite histoire backstage

Ce grandiloquent billet est le fruit d’un événement hautement improbable, mais pour autant bien réel en ce funeste après-midi d’aout 2017 : aujourd’hui, j’ai eu droit à une sieste simultanée. Applaudissements. Tonitruants.

Enfin pas trop, vous risquez de les réveiller…

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Sarah

 

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16 réflexions au sujet de « Une brève histoire du temps »

  1. C’est touchant ce post et si vrai…
    Il est où le temps de l’insouciance, le temps où s’occuper de nous seuls c’était déjà une galère…
    Je n’ai qu’un enfant. Elle va avoir deux ans, mais j’empile les cartons de fringues trop petites à longueur de semaines et j’entends déjà les premiers « Maman je t’aime » c’est flippant et désarmant.
    Merci pour ce post.
    A bientôt
    L’incorrigible imparfaite

    1. C’est vrai, quand je repense à ces années « overbookées » alors que je n’avais à me soucier que de ma petite personne, cela me fait doucement sourire… D’autant plus lorsque j’entends ces mots sortir de la bouche d’amis qui ne sont pas encore parents. Puis la tornade nous emporte ! En tous cas, merci d’être passée par ici, et au plaisir de te lire :). Bises

  2. Comme toujours, J’adore et j’adhère! Je kiffe à donf ton sens de l’écriture 😍. C’est tellement ça.. Tu résumes tout, il n’y a rien d’autre à ajouter si ce n’est que je viens de le prendre une bonne claque dans le visage (sens figuré les amis). Bisous 💋

  3. Oh c’est tellement ça! Tu décris tellement bien ce que je ressent, l’impression qu’on ne sortira jamais la tête de l’eau du manque de sommeil et du rythme effréné et en même temps je commence déjà à me rendre compte quil ne reste qu’une poignée d’années avant que ma Little 1 ne bascule dans les meandres de l’adolescence, à peine moins de temps qu’il ne s’est écoulé depuis qu’on lui a enlevé les couches…

    1. C’est fou ce paradoxe… Je n’ose même pas imaginer, j’ai l’impression que dans un battement de cils elles iront au collège… Enfin, elles n’ont que 3 et 1 an, mais je pressens déjà que tout va continuer à filer entre nos doigts 😊. Merci pour ton commentaire ! Bises

  4. J’adore ton article !
    Comme souvent j’ai beaucoup ri mais surtout je l’ai trouvé très juste. Les nuits me paraissent tellement difficiles quand Charlie se réveille… Dans ces moments là, 10 à essayer de le rendormir me paraissent durer des heures. Pourtant au petit matin, quand il tient debout et marche avec son petit chariot de marche du haut de ses 9 mois, je trouve que tout ça est déjà passé bien trop vite.
    Pour nous aussi, il nous semble loin le temps de notre petit appartement à Lamarck Caulaincourt^^
    Sinon je suis jalouse, je n’ai qu’un enfant et il ne veut jamais faire la sieste..

    1. Si cela peut te rassurer, mon aînée n’a jamais fait la sieste avant d’aller chez la nounou, et ma deuxième s’y es mises vers 11 mois… Un calvaire ces nuits blanches suivies de journées à mille à l’heure! Courage, il va trouver son rythme, peut-être justement grâce à la reprise. D’ailleurs, avez-vous pu trouver un mode de garde ? Bises

  5. J’y pensais encore il y a 5 minutes, assise là où personne ne peut être aller à ma place ( je suis sure que tu es ravie de connaître ce détail ?!) en me disant que finalement ça allait trop vite, mais vraiment est ce que ce soir il pourrait pas s’endormir plus vite quand même plutôt que d’essayer de me déloger de ma planque pour une enième histoire de Tchoupi ?! 😉
    Enfin rien à ajouter, encore une fois, ton texte est parfait 🙂
    J’espère que tu as pu profiter de la sieste toi aussi 😉

    1. Haha oui je suis heureuse de pouvoir t’imaginer en situation… Cela dit c’est un des seuls endroits où l’on parvient (parfois) à avoir la paix. Fais gaffe j’ai noyé un téléphone comme ça…
      Ravie que ce texte t’ai plu aussi, Tchoupi, je compatis… Mais bon il est bien pratique celui la quand meme! Bises

  6. Yahou, je vénère cette sieste simultanée!
    J’ai l’impression que ça passe de plus en plus vite mais cette idee me dérange. De toutes façons non! Le temps n’est pas élastique. Juste une histoire de ressenti. Alors non 😉

  7. Super ton billet et cool pour la sieste simultanée 🙂
    Mais c’est vrai qu’à certain moment le temps passe lentement (genre quand l’endormissement s’éternisent )
    Mais d’une manière générale, je ne voit vraiment pas les journée passer. Souvent, j’aimerais appuyer sur le bouton STOP. Mais je l’ai pas encore trouvé 🙂

  8. Et nous dans tout ça on se prend des.années dans la gueule qui filent filent. Et on réalise que les années 90qui ne sont pas si loin vont fêter leur 30ans…
    Moi ça m’a fait un coup au premier quad j’ai réalisé que désormais je me maquillais pour avoir l’air plus.jeune (et moins fatigué) plutôt que pour me vieillir. Et avec le deuxième je.ne sais même plus quel âge j’ai!
    (Mais qu’est ce que ça fait drôle de réaliser que j’ai deux enfants alors qu’hier encore,j’avais vingt ans -)

    1. Je suis tout à fait d’accord, j’ai eu l’impression d’à peine cligner des yeux et PAF ! La trentaine bien entamée!
      J’ai aussi pris un coup en réalisant question les soirées déguisées années 90 remplacent nos bonne vieilles soirées 70’s… 😂

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