Les deux rêves

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D’aussi loin que je me souvienne, j’ai toujours eu deux rêves.

Je rêvais d’être maitresse d’école

Pour pouvoir être libre. Pour pouvoir m’amuser. Pour ne pas avoir à m’habiller en tailleur. Pour occuper mes journées avec quelque chose qui ne serait jamais rébarbatif. Pour parler, rire, écouter, chanter, pleurer, avoir peur, être fière, douter et culpabiliser. Pour avoir des cahiers, des stylos, des interlignes et un tableau. Pour écraser un morceau de craie du bout du pied. Pour ramasser des feuilles de marronnier. Pour jouer à la balle au prisonnier. Pour coller des pansements sur des genoux égratignés. Pour lire des histoires à 30 paires d’yeux émerveillés. Pour avoir l’impression de donner un sens à mes journées. Pour ne jamais avoir honte d’expliquer à mes enfants en quoi consiste mon métier. Pour l’espoir. Pour la naïveté. Pour les vacances. Pour ceux dont personne ne veut, ou en qui personne ne croit. Pour leur dire qu’ils ont tous une place, mais que s’ils la veulent, ils devront la décrocher. Pour leur apprendre à se battre, à manier les mots, à penser, à se questionner, à essayer, à se tromper. Et tout recommencer. Chaque jour. Chaque année.

Je rêvais d’écrire des livres

Pour me noyer dans un océan de pages et de couvertures cornées. Pour vivre sans contraintes, sans horaires, sans but précis. Pour laisser libre court à mon imagination, lui faire confiance, et en douter. Pour me sentir forte, faible et sans légitimité. Pour être totalement inutile. Pour être vivante. Pour préserver ce qui ne doit pas être oublié. Pour avoir un exutoire. Pour faire ce que je sais faire, et raconter des histoires. Pour me réinventer, jouer avec le feu, les limites et la raison. Pour ne jamais savoir ce que demain va apporter.

Et aujourd’hui ?

Je peux dire que j’ai eu de la chance, l’un de mes rêves est devenu réalité. Mais l’autre manque à ma vie. Pour être moi, entièrement, il me faudrait jongler avec les deux.

Certes, je manque de temps. Je manque des moyens financiers qui me permettraient de me libérer. Ecrire est un luxe que je ne peux m’offrir pour l’instant, mais depuis quelques mois, quelques bribes de ce rêve s’accrochent ici et là.

Alors je poursuis mes chimères, elles me bercent et je les remercie, de rester à la fois, si douces et si futiles, si palpables et si lointaines, comme le bruit de ta respiration dans la nuit.

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22 réponses sur “Les deux rêves”

  1. Je ne comprends pas, mon commentaire n’est pas passé. Scrogneugneu. Je suis pourtant persuadée de t’avoir écrit et de t’avoir conseillé d’écrire en dilettante, si tu en avais l’occasion, ou même de consacrer une rubrique à tes écrits sur ton blog. Je serais ravie de les lire! Bon, mais c’est pas passé scrogneugneu…

    1. Arf je teste un nouveau machin-chose anti spam, tu me vois navrée qu’il t’ait pris en grippe (en même temps, c’est la rentrée… Faut pas lui en vouloir, ça doit être l’effet prof qui l’angoisse !). Ecrire pour moi, je le fais, mais comme une envie de me pousser hors de mes retranchements avec quelque chose de plus construit… Une rubrique sur le blog c’est pas mal, comme ça je n’embête personne avec et lisent ceux qui veulent ! Je garde l’idée au chaud (Comme mes pieds, la chaussette est de retour ma bonne dame. C’en est désespérant.) Bises à toi (merci pour le scrogneugneu, j’imagine tout à fait la moue l’accompagnant 😀 ).

  2. On dirait que, d’aussi loin que tu te souviennes, tu as toujours eu ces rêves bien profondément ancrés en toi.
    Peut-on dire qu’avec ce blog tu as tout de même réalisé 1 rêve et de mi ? ou 1 rêve et un quart de rêve au moins ?

    En tout les cas c’est une belle idée d’écrire. Quel genre d’écrits te trottent dans la tête en ce moment ?

    1. Je crois que mes premiers jeux étaient déjà (du moins ceux dont je me souviens), de faire la classe à mes peluches et écrire des histoires dans des petits livres que je fabriquais 😊.
      Et concernant les écrits, j’ai un projet qui nécessitera plusieurs années de travail, sur un thème qui m’est cher et que j’avais ébauché dans une dissertation au collège. 20 ans plus tard, cette idée est toujours là, alors je vais essayer de me lancer. Ce sera deux destins croisés, sur fond historique (et nécessitant donc un travail de documentation assez phénoménal). Affaire à suivre donc 😉. bises

  3. Ce sont des jolis rêves qui m’ont touchés et je trouve pas si mal d’en avoir déjà réalisé un. Tu as encore du temps devant toi pour réaliser le deuxième. Je te souhaite d’y parvenir. Je suis certaine qu’en persévérant, tu y arriveras… La preuve, tu as déjà commencé ici 😉

  4. Un rêve sur deux, c’est déjà pas mal ! Quant à l’écriture… trouver le temps, la patience, la persévérance… Je me dis que c’est pas un hasard si la majorité des écrivains sont vieux 🙂 Tu as encore largement le temps !

  5. En 3 coups.
    1- On a des rêves vraiment proches 😉 sauf que j’ai fini par croire qu’en fait je rêvais de savoir vendre n’importe quoi à n’importe qui (l’ambitiooooon !!)
    (Je rêve aussi de rerentrer un jour dans du 36 sinon mais c’est moins poétique)
    2- je crois que tu viens de finir de me convaincre de tenter le N1
    3- j’espère VRAIMENT que tu vas trouver du temps. Parce que c’est la seule chose qui te manque. Pour le talent, c’est bon. Surtout ne laisse pas tomber ! tu as toutes les chances d’y arriver !!!

    1. Rohhhh je n’aurais jamais dû te laisser lire ce billet… Le rêve n°1, en réalité, n’est que masochisme pur et dur ! Faut vraiment qu’on en parle ;-). Et t’ai-je dit que maintenant, quand je vois une pub cdiscount, je pense à toi ?
      Et merci pour tes encouragements, mais pas trop quand même, déjà que j’ai pris une pointure de pieds grâce à mes 2 grossesses (les joies et mystères de la nature si bien faite), si en plus je me mets à prendre des chevilles d’hippopotame, je n’aurai plus la possibilité de claquer la moitié de ma paye en chaussures hors de prix. Voilà. Aller, on se retrouvera au salon du livre de St Julien en Genevois !

      1. Attention les pubs au bout d’un moment elles abîment la rétine 😉
        De toute façon on doit se programmer un we (Picou amène le crumble) ce serait l’occasion d’en parler !!
        Fonce et puis de toutes façons la mode est aux Ugg t’as de la marge pour les chevilles 😉

        1. Et ben voilà t’as le titre et l’intrigue! « crumble party à Montcuq », ça claque non? En plus on pourra faire des produits dérivés, et avec virginie on se charge du marketing. topes là! (expression brevetée de 1988). Je sens qu’on a un concept là…dépêches toi de nous écrire ce chef d’oeuvre ;o)

          1. « Crumble Party à Montcuq »… Je ne te promets pas un chef d’oeuvre mais je te promets un billet d’ici peu! J’aime les défis d’écriture, et celui là, il a un titre carrément accrocheur ! 😀

    1. C’est vrai ! 🙂 On ne devient pas enseignant sans avoir déjà un goût pour l’écriture je pense. Ce blog est effectivement arrivé à point nommé, afin de garder une trace, m’entrainer, tester des choses. Et même si cela reste « juste » un plaisir, c’est là justement que réside tout l’intérêt !

  6. Rho, moi je signe tout de suite, hein…Pas pour l’école, là il est un poil trop tard, mais si un jour tu concrétises l’écriture, en dehors de cet espace où j’ai déjà grand plaisir à te lire, je serai ta première fan! L’écriture est aussi une histoire de temps, de ressenti, de recul, ça s’installe en toi pour ne plus en partir, quelque soit la durée, l’intensité et l’effort. Alors laisses toi le temps…ce sont les mots qui décideront, après tout.

    1. Je suis tout à fait d’accord avec toi, l’impression que les mots nous tombent dessus, sans que nous l’ayons réellement choisi. En tous cas, je suis vraiment heureuse que nos chemins se soient croisés aux détours de quelques mots, justement, tu fais partie du tout petit nombre de personnes qui m’encouragent, et venant de toi et de ta plume, cela a une vraie valeur à mes yeux. Merci encore Marie !

  7. Comme à chaque fois que je viens lire un de tes articles, je suis émerveillée par la douceur de tes mots et de la tournure de tes phrases. Je commente peu, parce que je n’ai pas toujours quelque chose à dire mais là je n’ai pas su résister tellement j’ai été touchée. On sent l’amour de ce metier que tout le monde juge mais que personne ne veut faire. On sent l’amour des mots et de cette passion qui te tient à coeur et qui je l’espère pour toi, deviendra un jour, bien plus qu’une passion.

    Marine

    1. Merci pour ce commentaire qui me va droit au coeur ! Je ne sais pas non plus quoi te répondre, sans aller de la fausse modestie (car ça me fait super plaisir 😉 ) aux remerciements larmoyants, alors juste ce petit mot, pour te dire que tes encouragements sont vraiment précieux à mes yeux…

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