Le fameux départ à la maternité, ou l’angoisse du “comment savoir”…

Grâce à mon nouveau jouet, je découvre tout un monde jusqu’alors inconnu : celui des blogs, et plus spécifiquement des blogs famille et maternité. Compte tenu de mon double handicap actuel, il semblerait que l’on puisse également me caser dans cette catégorie… En tous cas, je m’y case avec  grand plaisir ! Et si je ne m’abuse, il manque une étape absolument essentielle de ma story de blogueuse fraîchement débarquée : le grand, le merveilleux, l’unique départ à la maternité.

Tu as déjà vécu cette scène, contrainte et forcée, une bonne dizaine de fois dans les grands classiques cinématographiques que je ne citerai pas. Tu l’as sûrement redoutée, potentiellement fantasmer, toujours est-il que tu t’en fais une idée : celle, justement, de ne pouvoir t’en faire aucune idée précise, et de devoir jongler avec l’angoissante donnée X, la grande inconnue…

Alors tu zones sur internet, tu lis des bouquins, tu apprends par cœur les passages qui décrivent par le menu toutes les puces qui devraient alerter tes charmantes oreilles. Mais ça ne passe pas, tu te questionnes, tu angoisses, tu imagines.

Petit et ma foi fort succinct récapitulatif de ce que tu trouveras dans tes nombreuses lectures sur le sujet :

  • Idéalement, tu perds les eaux. A coup de grand splash, dans un supermarché. Facile ! Plus de doute possible, tu prends ta jolie valisette, ton courage et ton excitation, et tu te fais conduire jusqu’à la Maternité par ton chevalier servant, ta dulcinée, ton meilleur pote, le voisin de ton frère, ou n’importe quel individu un tant soit peu dans les parages au moment fatidique. Oh yeahhh.
  • Relativement facile à repérer en théorie, les contractions. En théorie. Car des contractions, tu en as depuis le 4ème mois, pauvrette, ça tiraille tes entrailles… Alors comment savoir que ce sont les bonnes, les imminentes, les douloureuses? Inconsciente que tu es ! Pose donc la question, on te répondra à grand renfort d’explosions de rire : “Mais ma bonne dame, quand elles seront douloureuses, vous le saurez ! ”. Soit. Tu restes toujours tout autant pensive et paumée…

Alors histoire de te décoincer et/ou de te dérider un peu l’utérus, je te raconte comment cela s’est passé pour moi. Et rien à voir avec Hollywood. Rien à voir avec tous ces bons conseils… Car finalement, chaque femme, chaque moment, chaque situation est unique. Ne cherche pas à anticiper, et si tu veux assouvir une malsaine curiosité, je t’en prie, lis ces quelques lignes que j’écris avec un sourire pincé…

 

Départ numéro 1 : arrivée à terme… Et RIEN.

Mais rien DU TOUT. Sauf que tu sens que quelque chose cloche là dedans. C’est imperceptible, mais ça te trotte dans la tête et dans les tripes. Tu pars à la maternité pour “la visite du terme”. Tu te sens nouille dans la salle d’attente, à ne pas te tortiller en pleurant de douleur. La sage-femme de garde te reçoit, mais “Désolée, il y a trop de monde. Revenez lundi (soit dans 4 jours) si vous n’avez toujours pas accouché.” Sauf qu’à ce stade, 4 jours, c’est l’équivalent de la moitié de ta vie. Alors tu repars. Avec toujours cet étrange sentiment (voir mauvais pressentiment). Tu fonds en larmes dans ta voiture. Il faut que l’on t’ausculte. Incapable de conduire dans cet état, tu les appelles. Tu pleures, tu insistes, tu sens que ça ne va pas, que ce n’est pas un caprice. “Ok, revenez demain matin, on vous examinera”. Soulagement. Nous sommes jeudi, tu ne dors pas de la nuit. Vendredi matin, rebelotte. Tu t’y pointes, tu attends, tout est très long, mais cette fois-ci on t’ausculte. Ta tension est très élevée. Tes analyses ne sont pas encourageantes. On te fait faire une échographie. Tout prend un temps fou, il est bientôt 17h. Et le verdict tombe : plus de liquide amniotique. “Nous allons devoir vous déclencher, revenez demain matin à 7h”. Inutile de dire que tu ne dors pas de la nuit NON PLUS. Demain, tu seras Maman…

Et donc, ce merveilleux premier départ, tu le fais épuisée par deux nuits blanches, mais guillerette, chantant comme un pinson, en métro avec ton amoureux et ta valise, en ricanant car tu as l’impression de partir en vacances. Mouhahaha si tu savais ce qui t’attends pour les 48 prochaines heures (mais Suspense ! Je te garde ces joyeusetés pour un prochain billet).

 

Départ 2 : en voiture, comme une grande, toute seule, à minuit. Un dimanche.

Jeudi. C’est l’été, début juillet, il fait chaud. Tu sirotes un jus de fruit dans le jardin d’une copine. Et tu te tiens le ventre, parfois. Tu ne le remarques même pas. C’est elle qui explose de rire et qui te dit que c’est pour bientôt. Tu soupires. Il reste encore 10 jours, et compte tenu de ta première expérience, peut-être même 15. Tu hoches la tête, dépitée. Mais le soir, tu les comptes, ces contractions. Pas vraiment douloureuses, elles sont quand même bien là, se précisent. Pas vraiment douloureuses, car maintenant, tu SAIS. Tu as connu l’indicible, l’accouchement déclenché. De la rigolade donc, pour l’instant. Et rien de régulier, 20 minutes, puis 6, puis 8, puis 20.

Vendredi. Tu es épuisée. Toujours ces piteuses contractions de chochotte. Ta Sage-femme checke le sourire aux lèvres, puis s’assombrit. Verdict : tu es encore très loin de la dernière ligne droite. Tu pleures. Et tu décides d’emmener ta “grande” (de 2 ans et demi, hein, pas non plus en post-doctorat la poulette) aux jeux. Sauf que là, tu mets 2h pour arriver auxdits jeux (Et littéralement 2h. Heureusement, tu as pensé à la poser sur sa draisienne, elle ne se rend compte de rien). Ca commence à faire très mal. Tu marches à 2 à l’heure, tu t’accroches aux murs le souffle coupé tous les 10 m. Mais c’est toujours irrégulier. Damned.

Samedi. Tu vas te faire chouchouter par tes parents pour le weekend. La douleur devient intense. Mais rien de régulier. Tu ne peux plus bouger, tu ne peux plus dormir. Tu as mal, mais tu sais que ce n’est rien comparé à la fin. Mais c’est là. Toutes les 6 minutes, 4 minutes, puis 8… Désespérant.

Dimanche. Tu décides de te tremper un peu dans la piscine. Il y a des mums ultra-fengshui à qui cela réussit, apparement. Mais très vite, tu ressors, impossible de profiter avec cette lancinante douleur. Tu subis l’après-midi, comme les deux précédents jours. Tu rentres chez toi. Et vers minuit, tordue de douleur toutes les 4, 6 ou 7 minutes, tu dis à ton mec : “C’est quand même bizarre, depuis la piscine, je sens des gouttes couler quand je bouge”. Euhhh… 12h après la baignade, ça devrait commencer à t’interpeller. Mais le manque de sommeil et la douleur te font perdre tout sens critique. Dimanche, minuit donc.  Pour te rassurer, tu décides d’aller faire un tour à la maternité. Tu pars en pyjama, les mains dans les poches, un petit aller-retour en voiture, l’affaire d’1/2h… Tu te la joues VIP, tu te gares sur la place Livraisons juste devant l’entrée. Tu te pointes au bloc. Au moins il n’y a personne. Une sage-femme arrive. Tu te sens débile d’être venue. Elle te fait le test pour voir si tu perds du liquide amniotique : positif. C’était donc ça. Bref, tu passes en salle de prétravail. Tu penses à la fourrière. A ton petit bout de fille qui dort et ne sait pas que tu es partie. Tu ne te doutes pas que tu en as encore pour 48h de souffrance, non non… Tu es pleine d’espoir, pauvre innocente : chaque accouchement est différent, le second toujours plus rapide. Mais oui, bien sûr…

 

Enfin voilà ! Tout ça pour dire, que ce moment si théâtral ne le sera définitivement pas. Tu l’as rêvée pourtant, la montée d’adrénaline, la course folle allongée sur le siège passager. On ne sait jamais à quoi s’attendre, alors autant ne s’attendre à rien. Mais courage, il y en a qui accouchent en 3h, tu feras sûrement partie de celles-là ! Et si le coeur t’en dis, fais moi rêver, raconte le moi ton fameux départ à la maternité !

La bise péridurale, et une excellente journée à tous !

12 réflexions au sujet de « Le fameux départ à la maternité, ou l’angoisse du “comment savoir”… »

  1. J’aime bien te lire!

    Départ 1: visite le jour du terme à la maternité, comme toi. J’avais bien entendu essayé (presque) tout pour accoucher: montée des escaliers du sacré coeur, balades dans outes les buttes que compte Paris, déclenchement à l’italienne… Mais non, Joseph est bien dans mon ventre. Où du moins c’est ce que je crois… Plus beaucoup de liquide, revenez dans 2 jours. 2 jours après, visite à la maternité: plus de liquide, on vous garde. Déclenchement: on m’explique. Le tampon, soit ça vient rapidement, soit il ne va rien se passer pendant 48h, mais je vais devoir rester à la maternité. Je pleure. Je vais être maman. Je ne suis pas prête. Et pourtant je l’attendais ce moment… Je,passe la journé à me promener dans les jardins et couloirs de Bichat avec mon chéri, on envoie des textos pour prévenir que ca va être le jour J aux proches. Ha! Ha! Pas encore, non… Le soir, on me sert un repas en salle de pré-travail, la femme qui était à côté de moi tout à l’heure est partie accoucher. Et puis on demande à Arnaud de rentrer à la maison, qu’on doit tous les 2 se reposer avant l’accouchement. Toujours pas de contractions. et puis dans la soirée, vers 21h, commencent quelques contractions mais gérables. Puis très rapidement elles s’intensifient vraiment et se rapprochent. Je découvre la réalité d’un accouchement déclenché. Pas vraiment le départ idyllique…

    Départ 2: Hors de question de me faire déclencher, je sais comment ça finit mal cette histoire, je ne veux pas revivre ça. Donc j’emploie les grands moyens: toujours les mêmes méthodes pour forcer un peu le destin, mais là j’ajoute deux nouveautés. Rendez-vous 12 jours avant le terme avec la sage-femme de la maternité qui me fait une séance d’acupuncture pour booster le travail et aider le col à faire son taf. Puis l’après-midi, rdv avec la sage-femme qui fait ma préparation à l’accouchement en ville pour me faire décoller (une 2ème fois en 3 jours) la poche. Je sors de son cabinet, et les contractions commencent. C’est bien ça! Mais je sais ce que sont les contractions de l’accouchement, et là on est vraiment en dessous, je n’ai pas envie de me jeter par la fenêtre. donc je reste zen. Seulement, à la maison, il y a mon grand (2 ans) qui me voit encaisser les contractions, et qui dit « Doucement le bébé, tu fais pas mal à maman ». Donc on appelle la grand-mère pour qu’elle le gère et on part à la maternité.

    Départ 3: ????? Plutôt dans le genre du 2 j’espère…

    1. Que je te comprends… Encore une histoire épique ! Le déclenchement c’est exactement ça, l’envie de se jeter par la fenêtre… On croise les doigts pour la dernière (enfin la prochaine) fois 😉 !

  2. 🤔🤔🤔 ça fait déjà 12 ans pour moi le n•1 😄
    A j+1 visite chez gygy, ras. Décollement avec sa charmante main pleine de doigts… j’ai cru mourir sur place. Bref ça a déclenché le debut du travail… une soirée à se tortiller à la maison puis départ au milieu de la nuit. J’ai eu la péridurale après une trentaine d’heures de travail et délivré après 36. Le top 👍
    N•2 ? Déclenché à j+2. Pas de surprise ou de course folle pour faire les 35km qui me séparent de la maternité… trop déçue ! 😂

    1. Ahhhh toi aussi ! C’est rassurant 😉 , j’ai regardé une fois Baby Boom j’avais envie de pleurer en voyant toutes ces nanas qui faisaient « ouf! elle était grosse cette contraction » et qui accouchent en 2h…

      1. C’est déprimant ces femmes qui accouchent super vite… J’ai une amie, 1er départ en hélico pour la maternité (elle habitait à st Barth et accouchait à St Martin), 2ème départ dans le camion de pompier où elle a faillit accoucher.

  3. Coucou,
    Pour ma part, le 1er s’est passé 15j avant le terme…. apres un bain au milieu de la nuit, histoire d’être que le travail commence vraiment car non, je ne voulais pas etre de celles qui rentrent chez elles, renvoyées pas une sage femme. Donc apres ce bain, toujours les contractions…. toutes les minutes… réveil du futur papa a 5h ( oui une nuit à souffrir seule…) puis toute la matinée en salle d’accouchement.
    Pour le second, persuadée d’accoucher avant terme, j’étais prête 1 mois avant, mais les balades en montagne, le changement de cuisine dans l’appart n’y ont rien fait…. je subissais cet état.
    Jour J, date du terme: je me présente à la clinique, tous les signes sont normaux, pas de raison d’accoucher, en plus « c’est dommage votre obstétricien est partit en vacances ce matin »
    Flûte, je ne pourrai pas le supplier…
    Puis visite de la Gyneco de garde, genre soixante huitarde puant la clope à plein nez  » bon vous êtes la, autant faire sortir ce bébé »
    Alléluia!!!!
    Sauf que l’accouchement déclenché…. ouch ca fait très mal!!! Mais enfin libérée, délivrée comme le chante si bien mon homonyme!!!! 😉
    La bise
    Elsa….
    ps: je lis régulièrement tes articles… c’est trrs sympa!!!
    Au plaisir de te lire à nouveau

    1. Aïe, l’accouchement déclenché… Comme je compatis ! Vécu une fois aussi, ma plus grande hantise était que l’histoire ne se répète. Heureusement, comme tu le dis, quoi qu’il arrive, il y a un instant où enfin, tout est fini ! Ou plutôt, où tout commence 😉 .
      Merci pour tes encouragements, cela fait toujours très plaisir d’avoir des retours !

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