Lettre à Hannah. 10 mois. 323 jours. 7752 heures.

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Aujourd’hui, cela fait un peu plus de dix mois que tu es née.

323 jours depuis que j’ai accouché pour la deuxième fois. 7752h de toi. Et environ 1292h de sommeil au compteur. Je ne savais pas qu’il était possible de survivre en dormant si peu.

Cela fait dix mois que nous sommes une famille.

Dix mois que nous sommes quatre. Car avant toi, nous étions surtout un jeune couple avec un bébé surprise, une enfant bohème venue chambouler nos vies si peu établies. Avec toi, nous avons fait un choix, celui de devenir une famille, de trouver notre équilibre : deux parents, et deux enfants. Ce choix était le nôtre, pas le tien, ni celui de ta grande soeur…

Et cet équilibre idéalisé, il nous aura fallu dix mois pour le trouver.

Dix mois pour parvenir à être pleinement ensemble, prendre le temps de ne rien faire, de s’allonger dans l’herbe en cueillant des pâquerettes. Dix mois pour (enfin) pouvoir partir en weekend, mais surtout dix mois pour parvenir à profiter de la douceur de vivre, de toi, d’elle, et de nous, aussi. Dix mois pour que tu commences enfin à accepter d’offrir un peu de mes bras à celle qui les possédait, entièrement, auparavant. Dix mois pour que tu envisages de partager un peu cet espace, toute cette place que tu exiges, pour que ta « grande soeur », de seulement 3 ans, puisse aussi être mon bébé à plein temps…

Car chacune à votre façon, vous voulez être l’unique, la seule, la toute petite.

Deux ans et demi d’écart, cela nous semblait beaucoup, c’est au final si peu. Tu la suis, à pas de géants. Parfois, je prends le temps de me détacher de vos jeux, je me recule et vous observe. Ces instants sont précieux, je les grave dans ma mémoire, pour pouvoir me rappeler ces regards, ces rires, ces moments qui n’appartiennent qu’à vous.

Dix mois pour que je puisse retrouver ta grande soeur à toi.

Dix mois pour que nous retrouvions l’apaisement. Dix mois pour se serrer si fort, et pourtant, enfin, avec tant de légèreté. Dix mois pour qu’elle m’avoue, un soir en sanglotant « Moi aussi, Maman, je veux téter et être dans tes bras »… Il m’aura fallu ces mots, des larmes mêlées, pour que je réalise que ta grande soeur est encore, elle aussi, à sa manière, mon tout petit bébé…

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Sarah

 

 

 

 

21 réflexions au sujet de « Lettre à Hannah. 10 mois. 323 jours. 7752 heures. »

  1. Tu as failli me faire pleurer!  »Parfois, je prends le temps de me détacher de vos jeux, je me recule et vous observe. » Je fais ça souvent, et je me dis que toute cette fatigue, en vaut la peine. Je sens que je vais pleurer en lisant ton témoignage si tu l’écris de cette manière 😉 En tout cas je l’attends avec impatience!

    1. Arfffff pression… Tu me vois à la fois désolée de t’émoustiller, et enchantée à la fois de savoir que ces mots font écho à ton quotidien ;-). Les observer, c’est essentiel, se souvenir, ces instants sont au final si éphémères…

  2. C’est la larme à l’œil que je viens de finir ton texte. Il est vraiment très beau et touchant, une déclaration très forte.
    L’arrivée d’un enfant chamboule notre organisation et notre schéma familial. Je n’ai qu’un bout de chou pour le moment mais je vois bien en lisant ton article qu’il nous faudra nous aussi rechercher cet équilibre le jour où…
    Garde ce texte précieusement il vous fera un doux souvenir auquel vous aurez plaisir à revenir.

    1. Merci pour ton joli commentaire… Je le garde précieusement, un peu comme un carnet de bord. Je me dis souvent que je pense d’ailleurs faire imprimer un petit recueil de textes et photos pour mes filles, à partir de ce blog et nos photos de famille ! La bise à Charlie 😉

  3. très joli texte…. l’équilibre est difficile à trouver, parfois instable et éphémère… mais quand je regarde mon grand rire avec sa petite sœur, l’espace d’un instant, une petite voix me souffle « ça valait le coup »…. 🙂

  4. C’est vrai que l’arrivée du deuxième n’est pas si facile; nos filles n’ont que 2 ans d’écart et j’ai vraiment eu l’impression, à l’arrivée de la cadette, de ne plus avoir de temps pour l’ainée. Elle, qui était avant la naissance de sa soeur, accrochée à son papa a complètement changé depuis d’ailleurs, maintenant mes deux filles semblent être en rivalité permanente pour être ma préférée et ça m’agace profondément. Heureusement il y a entre elles une grande complicité!

    1. J’ai également cette impression de manque de temps pour mon aînée… Ca me fend le coeur mais avec l’allaitement et les nombreuses maladies de la petite dernière, je crois qu’elle a fait un saut de géant dans l’univers des grandes soeurs. Mais je commence à avoir plus de temps, et ce qui m’amuse (pour l’instant), c’est de voir la petite trépigner quand je passe un moment privilégiée avec la grande (histoire, câlin, rigolade, activité manuelle etc.). Elles développent autant de complicité entre elles que de potentielle rivalité vis à vis de moi, je comprends donc un peu ton point de vue. Affaire à suivre 😉

  5. Pas facile de trouver l’equilibre subtil entre les enfants, ou chacun soit satisfait dans ses besoins physiologiques mais surtout affectifs. De caractere, je dirais que mes aines ont pas mal de traits communs avec tes filles. Paradoxalement, c’est l’arrivee de notre troiseme qui a le mieux reussi a stabiliser la situation en redistribuant les cartes… Maintenant vous savez ce qu’il vous reste a faire 😉

    1. Hahaha je t’avoue que l’arrivée du 2ème nous a quelque peu refroidis 😂 !
      Mais qui sait ce que mon coeur me dira dans quelques années… ! Combien d’écart ont tes enfants ? Bises et merci d’être passée par ici !

  6. Quel joli billet ! L’équilibre est parfois difficile à trouver avec un 2ème ! Ici, c’est plutôt lui qui se faisait oublier mais depuis, il s’est bien rattrapé.

    Les enfants savent se rappeler à notre bon souvenir et nous exprimer ce qu’ils ressentent à partir du moment où on prend le temps de les écouter !

    Bonne soirée

    Virginie

    1. Merci d’être passée par ici ! Chacun à son rythme, chacun en fonction de sa personnalité, de ses envies et besoins… Mais comme toute colocation il faut bien que chacun trouve sa place, tout en respectant celle des autres 😉

      Bonne soirée à toi également!

  7. Et bien voila je me disais tiens je ne vais pas pleurer pour une fois mais les dernières phrases m’ont achevées 😜
    C’est que ta situation me rappelle la mienne … sauf qu’ici ce sont deux garçons, avec le même écart d’âge. Le second a à peine trois mois et je sens bien que le premier de temps en temps aimerait un peu plus d’attention de notre part …
    Il demande notamment à être « porté comme un bébé »… du coup je le gave de câlins, de bisous dès que je peux et de  » je t’aime « … je pense même que je dois en faire un peu trop car parfois il me répond  » oui oui moi aussi je t’aime  » mais vraiment l’air de dire OK c’est bon j’ai compris, tu me saoules la 😂
    Bref ce n’est pas évident de trouver ce nouvel équilibre à quatre … mais je reste convaincu que c’est le plus beau cadeau que l’on puisse leur faire à tous les deux !

    1. Et bien je pense effectivement que nous vivons la même chose ! 🙂 Ma grande se balade à 4 pattes en babillant, et réclame tout le temps le porte bébé 😂 ! Heureusement, elle ne fait que 12kg, une vraie crevette…
      Alors j’essaie de lui faire de gros câlins, sans pour autant la brusquer (car c’est une petite fille très indépendante), de la rassurer, lui répéter que je l’aime, danser en tournant à toute vitesse, se faire des chatouilles à en pleurer de rire, et s’effondrer pour s’assoupir ensemble… Mais à cet âge là, ils s’autonomisent tellement, qu’on a parfois l’impression de les « saouler » hahaha ! Et puis, ces passages difficiles laisseront place à de beaux souvenirs, et les moments partagés entre frères et soeurs sont tellement riches qu’ils ne nous en voudront pas trop je pense 😉

  8. J’ai été très émue par ton billet, très tendre. Nous n’avons pas encore de deuxième mais c’est vrai que perdre l’équilibre que nous avons trouvé à trois m’inquiète un peu… Au moins on sait que ça se calme mais surtout que l’équilibre revient.

    1. Bien sûr, il revient, mais cela prend plus ou moins de temps… Je m’étais préparée à beaucoup de choses, mais au final pas à ça… Je n’imaginais pas combien ma « grande » (cela me fait toujours drôle de dire ma grande, elle est encore si petite finalement) serait bouleversée de ne plus être l’unique. Je crois d’ailleurs que c’est plutôt sain, finalement ! J’espère pouvoir leur donner à chacune toute l’attention dont elles ont besoin pour s’épanouir, quel boulot d’être maman ;-).
      Mais si vous avez envie d’agrandir la famille, cela ira forcément, malgré les petites surprises quotidiennes du rodage ! Maman Louve a publié un billet à ce sujet ce matin, je n’ai pas encore pris le temps de le lire mais je pense qu’il est tout à propos ! Bises

  9. Encore un bien bel article….Pas facile, cette mise en place, pour trouver le rythme qui convient à sa propre famille…On a eu de la chance, Chouquette est une petite fille adorable, et tellement facile à vivre, elle n’a quasiment jamais montré de jalousie (au contraire, elle est parfois trop envahissante avec sa soeur qu’elle couvre de bisous), ne m’a pas fait de crises (en tout cas pas liées à sa soeur) et pas de bataille non plus entre elles (enfin, rien de plus que la stricte normalité, je veux dire – ce n’est pas une poupée non plus). Après, j’ai peut être aussi oublié les quelques couacs du début – parce qu’avec le recul, quand ça s’est apaisé, ce sont des moments auxquels tu ne penses plus. Alors bienvenue dans ton nouveau monde, tu attaques la partie la plus fun (même si fatiguante!)

    1. Merci ma Picou… Oui, chaque enfant réagit différemment, ta chouquette a l’air adorable 🙂 . Ma Lilie est une enfant facile, en un sens (car elle comprend tout), mais également extrêmement émotive et empathique, une vraie éponge qui exprime ses difficultés, le plus souvent, par la provocation. Mais ce qui est certain, c’est qu’elle aime sa petite soeur de tout son coeur, je n’avais juste pas réalisé à quel point nous somme fusionnelles toutes les deux… Cela vient certainement de moi, car ma 2ème est également très fusionnelle, du coup il faut partager le temps équitablement, en fonction des besoins de chacune, et ce n’est pas toujours évident. Mais on avance, peu à peu, par étapes ! Je te suis sur le chemin de la félicité hahaha! Bises

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