Reconversion professionnelle : s’éparpiller ou tisser sa toile? #slasheuse

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Il y a quelques temps, je suis tombée nez à nez avec un article traitant de changement de carrière et partagé sur les réseaux sociaux par l’une de mes amies. À ma plus grande surprise, j’ai découvert un nouveau concept qui a, je dois bien l’avouer fait tilt dans la petite cervelle d’hyperactive que je suis : slasheuse.

Encore du jargon pro-entreprenariat, prônant la liberté à tout prix et symbolisant l’incapacité de la génération Y à faire des choix et se focaliser sur un seul objectif à la fois? Peut-être, me direz-vous, et certainement, vous répondrai-je…

Car force est de constater que depuis quelques temps, il y a pléthore d’articles dans la blogosphère mettant en valeur l’entreprenariat, et plus particulièrement l’entreprenariat au féminin (je plaide d’ailleurs coupable). Pensons simplement au récent succès de la petite série Netflix qui a su faire son trou, Girlboss, adaptée du bouquin de Sophia Amoruso, et qui retrace l’ascension fulgurante de la start-up de l’auteure, à coup d’Apple, de soirées arrosées et de friperies vintages.

 

L’injonction latente observée depuis quelques mois nous inviterait-elle donc toutes à devenir des girlboss en puissance, assumées et épanouies?

 

 

Après les sommations à être (avec un sourire Ultrabrite Mesdames s’il vous plait) des femmes dynamiques, professionnelles inspirées, amantes passionnées, mères rayonnantes, objets de désir minces mais pulpeux à souhait, quel nouveau diktat nous soumet-on ? Celui de la femme chef d’entreprise (oui mais d’une start-up funky, s’agirait pas de vendre des boîtes de sardines à l’huile), sautant du haut de ses escarpins Patricia Blanchet, Macbook à la main, et fabuleusement opérationnelle sur tous les fronts ?

Cette image d’Epinal met à mal pas mal de femmes qui se débattent chaque jour dans un quotidien moins glamour mais tout aussi glorieux : celles qui sont salariées et se font houspiller lorsqu’elles quittent le bureau à 18h, celles qui passent leurs journées à s’occuper de leurs enfants, celles qui jonglent avec des métiers à horaires décalés, celles qui quittent leur appart le matin  6h05, celles qui rêvent de reconversion professionnelle sans savoir par ou commencer, celles qui pointent à Pôle Emploi la rage au ventre. Et tant d’autres.

 

Je me demande si ces modèles qu’on nous assène ne revêtent finalement pas un caractère plus aliénant qu’inspirant.

Peut-être un peu des deux à la fois, comme le sont les pensées dans la plupart des cas…

Et après tout, qu’y aurait-il de mal à mettre en lumière des parcours (d)étonnants, parfois plus ou moins fakes, mais qui nous mettent la puce à l’oreille et nous font remettre nos vies professionnelles en question ? Qu’y aurait-il de mal à valoriser et diffuser les entreprises florissantes de femmes, qui ont su un jour se réveiller et sortir de leur zone d’ (in)confort ?

Et cet article nait cet après-midi, après des semaines de jachère intellectuelle, mais surtout après la remarque d’une amie au sujet de mes nombreux projets, et qui s’inquiète (à juste titre) de me voir m’éparpiller… Car oui, je sème. Je sème peut-être à tout vent, mais l’un de ces projets verra-t-il  réellement le jour ? J’aurais tendance à penser que l’une des graines finira bien par germer. Et puis que ça ne coûte pas grand chose d’essayer.

Dans cette quête de sens, ce renouveau complet, ce chamboulement professionnel, émerge ce mot : slasheuse. Derrière les terminologies qui vont et viennent au gré des modes, une évidence nait. Alors advienne que pourra, croisons les doigts, sautons et on verra. Redoublons d’efforts, on se reposera quand on sera morts.

Et puisque ce fameux concept de #slasheuse m’a interpellée, j’avais envie de venir le poser ici, et voir si à tout hasard, il n’évoquerait pas quelque chose en vous, quelque part… ?

 

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18 réflexions au sujet de « Reconversion professionnelle : s’éparpiller ou tisser sa toile? #slasheuse »

  1. C’est vrai qu’en France on aime bien ranger dans des étiquettes et il est parfois compliqué ou mal vu de prendre des chemins parallèles ! Pourtant, tu as raison de semer et qui sait, tu en récolteras peut-être les fruits très bientôt 🙂
    bises

    1. Merci Clarisse ! Je vois aussi les premières retombées financières se profiler à l’horizon, et la légitimité qui en découle aux yeux des autres est vraiment surprenante. Oui, on retrouve un statut professionnel quand l’activité apporte des preuves de son côté lucratif, ce qui est plutôt normal soit dit en passant. En tous cas, avec le printemps, je surveille de près mon potager 😉 !

  2. Hello Sarah,
    ah lala la reconversion… Comme tu le sais ici aussi ça risque d’être le challenge number 1 de fin 2018/2019… Si tu te sens bien en « t’éparpillant » pourquoi se demander si c’est mal? Tu le saura bien assez tôt. L’idée de la reconversion c’est bien de se sentir le mieux possible non? Certains projets deviendront peut-être ton métier, d’autres juste un hobbie, une passion… Et ça se sera sans doute fait naturellement.
    Moi jsuis un peu une flipette, je pense que ce qui me corresponds c’est plus de prendre un chemin principal, puis pourquoi pas en prendre quelques annexes, qui, peut-être, un jour deviendront le chemin principal.

    1. Je ne me demande pas si c’est mal, mais je me prends beaucoup de regards un peu méprisants… Je pense que lorsque l’un des projets devient viable financièrement le ton change un peu ;-). Mais c’est vrai ue ce côté touche-à-tout et tout-en-même me correspond depuis toujours. Alors pourquoi ne pas en profiter et en faire un atout professionnel ? 😉
      Bon et de ton côté, tu avances un peu dans tes recherches?
      Bises

  3. Ton article m’interpelle aussi… je suis en plein questionnement : ce que je fais aujourd’hui ne me convient plus sans que j’ai idée de quoi faire demain… Pour le moment je ne m’éparpille absolument pas par contre, je serai plutot entrain de me cacher au fond de ma grotte, ce qui n’est pas une bonne façon de garder les quelques clients qui me font encore vivoter…
    La question étant : que veux-je faire quand je serai plus grande ?
    Je n’ai pas la réponse, alors je vais aller voir les articles que tu pointes.
    Merci pour ce texte

    1. C’est marrant que tu en reviennes à cette question : « Que veux-je faire quand je serai plus grande? », car j’ai l’impression que c’est toute l’ambivalence que nous sommes nombreuses à partager. D’un côté nous avançons, nous évoluons, et d’un autre, nous prêtons à nouveau l’oreille à cette petite voie qui s’est enfouie pendant quelques décennies. Alors il faut du temps pour l’entendre, encore plus pour l’écouter, et puis Rome ne s’est pas faite en un jour, parait-il. Notre cheminement peut, et peut-être même doit, prendre du temps. Mais aujourd’hui, on nous presse au tout, tout de suite. Antigone n’est jamais bien loin… En tous cas, si la question se pose, nul doute que des réponses émergeront, et je serai alors là pour les encourager ! :-).

  4. Tu as raison de Semer des graines et comme disait souvent ma maman: « Qui ne tente rien, n’a rien « . Alors moi je dis qu’il faut oser quand on le peu. Gros bisous jolie Sarah 💋

  5. Je le retrouve beaucoup dans ton article même si je ne connaissais pas ce terme.
    En ce moment, je me consacre à ma vie de famille mais j’ai d’autres idées en tête. J’adore mon métier d’assistante sociale mais je n’ai pas retrouvé de poste depuis notre déménagement et puis je ne trouve plus tellement le sens de mon travail avec les politiques actuelle.
    Je vais donc tenter assistante maternelle, après tout on est aussi dans l’accompagnement des enfants et de leurs parents. J’ai également suivie une formation de Portage très riche l’année dernière donc j’aimerais bien me lancer aussi. Je ne sais pas ce que ça donnera mais au moins, je ne regretterais pas de ne pas avoir essayer. Et puis, je vais développer de nouvelles compétences et ça c’est vraiment cool 😊

    1. C’est super la formation de portage ! Evidemment, dans un premier temps, ça ne suffit pas à remplir le frigo, mais je suis sûre qu’en complément d’une autre activité tu peux réussir à beaucoup t’épanouir en transmettant ces savoirs que l’on perd. Et pour se lancer, il suffit parfois de fermer les yeux et se dire qu’on y va, car si l’on attend d’être prêt, on ne saute parfois jamais le pas ;-). Bises, et tu me diras :-).

  6. Pourquoi n’y aurait-il qu’une seule et unique manière de bien faire ???
    Il y a toujours eu des gens très carrés admirant les lignes bien droites et ceux un peu plus artistiques vénérant les courbes , les boucles et les looping 😉
    Peu importe la terminologie, sème autant de petites graines que tu le souhaites, lorsque plusieurs auront germé il sera bien assez tôt pour en choisir une, ou plusieurs 😉
    Bon courage !

    1. C’est vrai qu’il en faut pour toutes les personnalités, et nos chemins professionnels n’ont pas forcément besoin d’être linéaires pour faire sens. Et tablons sur l’arrivée des beaux jours pour faire fermer quelques pousses 😉

  7. ha !!! mais bien sûr ! pourquoi n’aurait on qu’une seule identité professionnelle ? on est bien femme de / mère / copine / fille de ..
    pourquoi on ne serait pas blogueuse / webdesigner / instit / et j’en passe ?
    j’en ai vu, des slasheuses, au salon de la reconversion professionnelle au féminin, a Bordeaux. un métier « sécurisé » , et un autre plus funky, mais qui permet de faire vivre ses vraies valeurs. Peut être que tout le monde ne s’y voit pas, en tout cas ça peut être une super bonne solution pour d’autres ! moi même, il n’est pas certain que je ne devienne pas un jour slasheuse, si le coaching ne subvient pas à mes besoins ! Il y a une expression certes un peu désuète, qui me vient : ne pas mettre tout ses œufs dans le même panier. . j’ai lu un super article sur une slasheuse il y a pas longtemps d’ailleurs … https://lesnouveauxaudacieux.com/2018/03/21/helene-coach-agricultrice-urbaine-auteure-slasheuse/ (sont partout ces coachs !!!;-) )

    1. Je pense que cet état d’esprit correspond effectivement (comme le mentionne Hélène Picot) à un moment où l’on souhaite optimiser ses compétences plutôt que d’exercer un métier choisi lorsque nous avions 15 ou 20 ans, et qui peut totalement différer de nos envies et valeurs actuelles. Cela dit, depuis que je suis étudiante, je me suis souvent sentie attirée par le changement, et j’admirais déjà les personnes qui cumulaient (parfois par dépit) plusieurs emplois à temps partiel. Ce qui peut être pesant pour certains, peut-être au contraire vivifiant pour d’autres. Chacun est différent, et chacun à un instant t de sa vie, est différent également… Merci pour la lecture en tous cas, c’est passionnant de découvrir que des alternatives professionnelles sont possibles !

  8. Ton article tombe à pic chez moi ! Je sème aussi beaucoup de mon côté mais à force de m’éparpiller rien ne pousse… Je me concentre alors sur un projet à la fois et…advienne que pourra. En tout cas je suis bien d’accord avec toi, ce vent qui souffle en ce moment sur nos petites épaules de mères/femmes/au foyer/ou pas peut donner des ailes mais aussi des complexes. Chaque histoire est respectable. Chaque parcours et chaque projet ! Hâte de voir quel chemin tu choisiras 😉

    1. C’est vrai que je sens le même genre de brise souffler vers chez toi… Alors parfois, on pourrait se décourager devant tant de mini batailles à mener, mais je suis sûre que la réponse se profile chaque jour un peu plus, même si c’est imperceptible. Hâte de voir quel sera ton chemin également ! Enfin hâte, prenons tout de même notre temps ;-). Bises

  9. Il est parfait ce billet. Voir cette « dispersion » comme autant de graines que l’on sème est une belle image qui rassure la tête en l’air que je suis (doublée de Pierre Richard aujourd’hui, donc). Bon, il faudrait simplement que l’une des graines commencent à pousser et produire du blé, hein. Mais ça viendra (doigts croisés).
    Et finalement je crois que l’on a rien inventé, aux États-Unis nombreux sont ceux qui cumulent plusieurs jobs, la France est en train de suivre en adaptant ça à la sauce frenchie; c’est vrai que le modèle est idéal pour les femmes et jeunes mamans qui veulent conserver une activité tout en leur permettant d’avoir du temps pour leurs enfants. Alors, on continuer de semer et on y croit !!

    1. Ahaha il n’y que toi pour rebondir sur le blé en parlant de la graine, en fait tu devrais te reconvertir en créa de jingles publicitaires 😀 j’adore ! Je suis persuadée qu’il faut bien commencer quelque part, et la légitimité vient avec les premières factures honorées, même si ça n’est pas grand chose, on peut alors assumer son statut. Tu es en bonne voie, avec tous ces questionnements et ces idées, tu vas forcément la voir éclore quelque part ta graine !

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