13 livres… pour retrouver l’envie de lire

Des livres, on en lit, beaucoup, jamais, parfois, un peu… On les dévore un temps, on les délaisse un moment. Ils vont et viennent au gré de nos humeurs, nos fatigues et nos besoins de réconfort. On les oublie, on les retrouve, mais ils restent et nous observent, du haut d’une étagère, ou depuis la table de nuit.

Peu importe le rapport que l’on noue avec eux, certains restent avec nous. Une cicatrice de plus, une ride au coin des lèvres, une larme séchée sur la joue. Un crépitement dans le ventre, une envie de tout quitter, un sourire qui s’éternise. Ils sont là.

Et si je devais dresser la liste de ces pages qui sont restées ancrées, je crois qu’elle commencerait par celles-ci…

Des livres qui donnent à nouveau envie de lire

Les Hauts de Hurle-Vent, Emily Brontë

Le roman des romans. Ce livre a été une révélation. Les paysages balayés par le vent sur la lande glaciale, le temps qui ronge les coeurs, l’humanité sale et simple, les vieilles pierres et le lichen qui s’étend…

Seul et unique roman d’Emily Brontë, il n’en est que plus précieux. La cruauté existe, elle n’est pourtant pas jugée. Noirceur, amour déçu, vengeance et douceur, dans les Hauts de Hurle-Vent il y a, dans son plus simple appareil, la vie, tout simplement.

My Absolute Darling, Gabriel Tallent

Un coup de poignard que ce roman dur et intense. L’histoire d’une jeune fille et de son père, perdus dans un monde si tragique et si réel. Ils s’aiment et se détruisent, elle s’éloigne pour survivre, mais quelques phrases ne suffiraient pas pour vous conter combien les mots de Tallent m’ont transportée. Si le coeur vous en dit, je vous en parle un peu plus ici.

Cris, Laurent Gaudé

Encore un roman dur et poignant, qui fait partie de ceux que l’on prend pour ne plus les reposer. Des portraits, des paroles, des cris âpres qu’il nous faut entendre. La guerre dans toute son atrocité, dans sa simplicité. Des soldats, des portraits, des errances et de la douleur.

J’ai tendance à me contenir en public, mais ce livre entre les mains, j’ai pleuré dans le bus le matin. Sans honte, sans voir personne autour de moi. Ces souvenirs et ces paroles, il ne faut pas les oublier.

Les 4 filles du Dr March, Louisa May Alcott

Dévoré un été, sous la tente du camping au bord de la Méditerranée où nous avaient emmenées mes grands-parents pour quelques jours, ma soeur et moi. Je devais avoir 8 ans, je crois, et j’ai relu ce roman trois fois de suite, sans m’arrêter. À peine la dernière phrase lue, je reprenais le livre à son début.

J’aimerais prendre le temps de le relire aujourd’hui. Mais je suis partagée : en garderai-je un aussi beau souvenir, maintenant que j’ai perdu mes yeux d’enfant ? Alors il reste blotti entre ses compères, en attendant qu’un jour, ma fille puisse le découvrir à son tour.

Dans la forêt, Jean Hegland

Ce bouquin m’a profondément touchée. Il démarre simplement, dans un monde tel que nous le connaissons, dans une petite bourgade américaine cachée dans les forêts de Californie. Deux soeurs à peine sorties de l’adolescence, et la plus jeune qui nous raconte leur quotidien.

La première moitié me paraissait facile, voir futile, puis peu à peu, on sent le vent tourner, les personnages s’assombrir. Les pannes d’électricité se succèdent, les évènements géopolitiques sous-jacents ne sont qu’effleurés, mais on peut aisément les imaginer… Et un jour il faut bien réaliser que tout est différent, qu’il faut réapprendre à vivre avec la nature, dans la nature, comme d’autres êtres humains l’ont fait pendant plus de 3 millions d’années. On assiste à un retour à l’état brut, presque animal, qui nous donne à réfléchir sur nous, sur notre avenir, sur le chemin que choisira de prendre la vie, si nous la laissons faire.

Songe à la douceur, Clémentine Beauvais

Découvert il y a peu, j’ai dévoré une bonne partie des romans de Clémentine Beauvais. Tantôt écrivaine pour enfants, pour ado ou adulescents, l’auteure jongle avec les styles, avec l’humour, avec les rimes.

Ce livre m’a été offert à la fin de l’été par Sonia, qui tient le blog Le MamaZine, et j’ai été bluffée par sa forme et par son style. Une chose est certaine, la poésie a encore toute sa place de nos jours, et Clémentine Beauvais sait la sortir de son carcan.

Alors suivez les méandres amoureux d’Eugène et Tatiana, et dévorez ces doux calligrammes jusqu’a satiété !

Mon bel oranger, José Mauro de Vasconcelos

Un de mes plus beaux souvenirs de lecture enfantine. Ma grand-mère avait pour habitude de m’acheter plusieurs romans à chaque période de vacances que je passais chez elle. Elle prenait le temps de les lire avant moi, puis attendait patiemment que je les dévore, assise en boule sur un vieux fauteuil en velours jaune, auprès de la cheminée. Tandis que mon cousin guidait frénétiquement Zelda du haut de sa Game Boy (même pas Color), je passais des heures entières à retenir mon souffle et à vibrer aux aventures de mille héros et leurs trésors. Lorsque je posais enfin mon roman, ma grand-mère arrêtait toutes ses occupations, venait s’asseoir près de moi, et me demandais ce que je ressentais.

Après avoir lu Mon bel oranger, j’ai tout simplement pleuré. L’histoire est sublime, avec toute la douceur et la douleur de l’enfance.

Cosmétique de l’ennemi, Amélie Nothomb

Bouquin découvert au hasard, acheté dans un relai presse de gare, un soir froid et grisonnant. Je ne connaissais pas encore Nothomb, et ce roman reste, depuis que j’ai lu une bonne partie de sa prodigieuse production, mon préféré. D’une efficacité redoutable, à la chute violente et intense, la Cosmétique de l’ennemi est de ces livres qui laissent en nous une empreinte, une sensation.

À l’est d’Eden, John Steinbeck

Une épopée familiale, une danse inter-générationnelle qui vous happe et ne vous lâche plus. On plonge dans les montagnes et vallées californiennes, à la quête du bonheur et de la richesse, ou tout simplement d’une histoire familiale à laquelle on veut se raccrocher, pour ne pas l’oublier.

Crise d’Asthme, Etgar Keret

C’est le bouquin que j’ai le plus souvent acheté. À chaque fois que je l’ai prêté, il a été gardé, ce qui est je pense un signe de qualité ;). Depuis, je l’offre régulièrement, et dernièrement à Laura, du blog Les livres d’Oscar, dont je vous rapporte les quelques mots au sujet de cette lecture :

Le livre se lit très rapidement, parfois trop, en fait. C’est drôle et mordant, donc on accélère le pas, un peu comme quand on porte de belles chaussures mais avec un petit caillou dedans qui nous gêne. Les courtes histoires d’une poignée de pages qui peuplent ce livre confrontent les composantes irréconciliables de la vie des juifs en Israël : la violence (celle de l’Occupation, celle de la mémoire traumatique de la Shoah, des rapports entre générations, sexes, voisins ou religions) et l’humour qui sert d’airbag pour s’en protéger.

Les Livres d’Oscar

 

Insecte, Claire Castillon

Plus dérangeant… Je ne vois pas. Encore un recueil de nouvelles au vitriol, qui parle de féminité, de maternité, d’horreur et de surprise. Difficile à décrire, cet ovni est à lire, mais les boyaux bien accrochés.

Lunar Park, Bret Easton Ellis

Que dire de cet auteur qui me fascine tant ? Bret Easton Ellis pousse le vice dans cette fiction autobiographique : se raconte-t-il ? Devient-il fou ? Qui est le narrateur ? En nous perdant dans les méandres d’un cerveau grisé et drogué, on ne sais plus quelle est la part du réel, ou celle du fantasme. Jusqu’à ce titre énigmatique.

Martin Eden, Jack London

L’autodidacte, dans son plus simple appareil. Martin découvre le monde, la vie, l’amour, sa pauvreté et son manque d’érudition. Pour les yeux de celle qu’il aime, issue de la petite bourgeoisie, il emprunte les chemins de la bibliothèque, apprend et se construit. Tout en élevant son esprit, il découvre la politique, la faiblesse et la noirceur de ceux qui suscitaient auparavant son admiration. Comment continuer à aimer, quand la vie n’est que désillusion ?

 

Je me rends compte en dressant cette liste, que beaucoup de ces romans se rejoignent dans la profondeur des sentiments qu’ils m’ont évoqués. J’espère que ces quelques titres vous auront donné des idées de lectures.

N’hésitez pas à me faire part des romans qui vous ont le plus marqué également, je suis avide, je veux savoir : lesquels et pourquoi ? 🙂

10 réflexions au sujet de « 13 livres… pour retrouver l’envie de lire »

  1. Hello,
    Je n’ai lu aucun des romans de cette sélection et ce n’est pourtant pas l’envie qui manque entre Martin Eden dont je n’ai que des retours extrêmement positifs et qui serait un incontournable ou les 4 filles du Dr. March qui est un véritable classique également. Merci à toi pour ce joli partage et j’espère revenir un de ces quatre par ici pour parler un peu plus de certains de ces livres présentés.
    Belle journée.

    1. Mais avec grand plaisir !!! Ces 2 livres sont des inconditionnels pour moi, mais certains trouvent que Martin Eden n’est pas forcément un livre « facile »… peu importe ! Ils m’ont transportés ! Il faudrait d’ailleurs que je les relise. À très bientôt j’espère, et merci pour ton passage par ici 😊

  2. Mon préféré, l’un de ceux qui m’a le plus marqué à l’âge adulte est sans hésiter « L’espoir est une terre lointaine » de Colleen Mc Cullough. Un roman d’aventure basé sur des faits réels : la colonisation de l’Australie par des anglais condamnés pour des délits minimes.

  3. Je me rends compte que je n’en ai pas lu beaucoup de dans ceux que tu présente! Certains sont sur ma PAL (virtuelle j’ai rarement des livres physiques en attente, j’achète je lis et quand j’emprunte… je rends souvent sans avoir lu).
    Tellement contente que tu aies aimé Clémentine Beauvais (en même temps comment ne pas aimer)
    Si tu l’as raté, tu peux quand même aller te faire une idée de mes lectures sur l’article qui suit le TAG- les livres et moi de Marie :
    http://lemamazine.com/les-livres-et-moi-tag/
    Bises!

    1. Ahhh quelle chance, moi j’ai une pile à faire pâlir l’Amazonie (pour la déforestation… Sinon j’aime les gentils libraires avec des mains, des yeux et tout et tout). Clémentine Beauvais, vraiment, c’est ma découverte de l’année je crois. Et je vais aller lire ton tag tiens !!! Bises

      1. Je lis pas sur tablette, liseuse (du tout). Juste je n’ai pas les livres en vrai, quand je les achète je les lis direct. Et sinon j’en prends évidement plein a la bibli… Tu as essayé je crois la liseuse?

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